Depuis 2021, j'organise des retraites. Courtes et en long séjour. Toujours en immersion. Toujours avec une intention thérapeutique au cœur.
Mais plus mon expérience grandit, plus je vois une distinction réelle — dans la forme et dans le fond — entre les retraites qui se vivent en France, sur un week-end, à quelques kilomètres de chez soi, et celles qui demandent de prendre l'avion. De quitter son pays. De partir une semaine, dix jours. De vivre un véritable voyage initiatique en Afrique ou ailleurs — sortir de son quotidien, oui, mais aussi de ses repères visuels, sensoriels, temporels. Changer de fuseau horaire. Ne plus être disponible de la même façon pour ses enfants, son conjoint, ses habitudes.
Les deux transforment. Les deux remuent. Les deux viennent faire bosser de fou et amènent quelque chose de fort. Mais elles ne font pas la même chose.
Quand on part un vendredi matin et qu'on rentre le dimanche soir, qu'on repose sa valise, qu'on retrouve son lit, sa maison, ses enfants, son quotidien — la transformation est réelle, clairement. Mais on garde des repères. On reste dans sa langue, dans son décor, dans sa temporalité.
Quand on prend l'avion, quand on pose des jours de congé pour ça — pas pour des vacances, pour autre chose — quand on part dans un pays qu'on n'a jamais foulé, avec un groupe qu'on ne connaît pas encore, quand on accepte de ne plus avoir de réseau, de ne plus être dans le même fuseau horaire que ceux qu'on aime — quelque chose de différent se met en mouvement. Quelque chose de plus profond, de plus radical.

Je me rends compte, au fil des années, que ces retraites-là sont au-delà d'une retraite. Ce sont des voyages initiatiques. C'est vraiment ce mot qui se pose de plus en plus dans ce que je vis et ce que j'observe.
Celles que je propose actuellement en Guadeloupe, au Portugal, en Afrique — ce ne sont pas des vacances. Tu vas poser des jours de congé, oui. Mais tu ne vas pas dans un hôtel tout inclus à la carte. Tu adhères à l'esprit, à l'essence, à l'énergie du voyage. Tu viens te transformer dans un espace qui a été pensé pour ça, dans un lieu qui porte cette énergie-là, avec des accompagnants qui ont réfléchi au programme, aux ateliers, à chaque journée. Tout est pensé, tout est au service de l'essence de la retraite. Il y a un cadre, une intention thérapeutique, de la découverte, du collectif, de l'individuel, de la conscience. Ça demande de l'organisation. Ça demande un budget. Et ça demande du courage.
Et justement, le courage. Je veux m'arrêter là-dessus quelques secondes.
Mon travail est au service de ma vie et de mes rêves. C'est comme ça que je fonctionne, que je construis, que je crée. Quand j'ai une envie, quand j'ai un rêve, je le crée pour pouvoir le vivre. La retraite HUMAN, c'est exactement comme ça qu'elle est née. J'avais envie de vivre des voyages initiatiques en Afrique — des voyages de conscience, thérapeutiques, profonds. Et comme je ne trouvais rien qui porte cette forme et ce fond tels que je les imaginais, j'ai créé ce que j'avais envie de vivre. On n'est jamais mieux servi que par soi-même.

Parce que je dois l'avouer franchement : je ne serais probablement pas capable de faire ce que font les personnes qui viennent vivre ces retraites avec moi. Mon besoin de confiance et de sécurité — particulièrement envers les personnes qui portent le cadre, qui organisent, qui tiennent l'espace — est tellement élevé que partir à l'autre bout de la terre avec une organisation que je ne connais pas, je ne pense pas que j'en sois capable aujourd'hui. Dans le collectif, dans le groupe, ça me va. Mais dans celui ou celle qui porte le cadre de sécurité, de confidentialité, de confiance — là, j'ai besoin de certitude. Alors j'ai créé l'espace que j'avais envie de vivre, de façon à pouvoir le vivre avec mon manque de courage d'aller le confier à des inconnus.
Ce que je sais en revanche, de ma place d'organisatrice et d'accompagnante, c'est que ces retraites me transforment autant que celles et ceux qui viennent les vivre en tant que participants. À chaque fois. Je les vis de l'intérieur — comme thérapeute, comme accompagnante, comme co-participante à part entière. Elles me nourrissent, elles me remuent, elles me font vibrer. Comme humaine en chemin, comme femme en chemin.

Alors quand je vois quelqu'un comme Cindy dire oui aussi vite, aussi courageusement — je trouve ça beau. Et je trouve que ça mérite d'être célébré.
Cindy, je l'ai rencontrée quelques mois avant cette retraite, lors d'une formation professionnelle d'une semaine que je lui ai dispensée. Une seule rencontre. C'est tout ce qu'elle avait pour me connaître. Et c'est là qu'elle a appris que j'organisais la retraite HUMAN en Tanzanie — qu'il restait une seule place. En quelques jours, elle a pris sa décision, organisé sa vie, réservé son billet, trouvé une solution pour ses enfants et son travail, et elle a dit oui.
Voici son témoignage.
D'aussi loin que je me souvienne, l'Afrique m'a toujours attirée. La musique, la danse, la culture, les coutumes, la nourriture… Ado et jeune adulte, je ne me suis jamais posé la question. J'aimais tout simplement. Et puis un appel un peu plus profond s'est fait ressentir : des chants qui me touchaient profondément, la culture, les sons, les couleurs… Ce premier pas en Tanzanie m'a confortée dans cet appel, cette envie de rencontre et de partage avec l'autre, avec eux. Je vois tous ces peuples qui, pour nos yeux d'Européens, ne possèdent rien, mais en réalité sont riches de tout.
J'ai bouclé une boucle. Il était prévu avec mon amie Céline pour nos 40 ans. Malheureusement, elle est décédée prématurément et le voyage dont on avait rêvé n'a pas pu avoir lieu. Alors quand j'ai pris connaissance de Human, ça a été une évidence ! C'était de cette façon que je voulais vivre mon expérience, que je voulais laisser partir cette tristesse qui m'habitait, liée au départ de Céline. C'est sur cette terre tanzanienne que je voulais retrouver une certaine quiétude et légèreté.
Dire oui à tout ça, ça m'a surtout demandé de faire confiance. Je suis maman solo, l'organisation et le contrôle font partie de mon quotidien, donc lâcher prise n'est pas naturel chez moi. Je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre avec cette retraite, mais je savais que mes filles seraient bien, gardées à la maison par mes parents. À partir de là, j'ai su que je pouvais me laisser porter, et faire confiance à ma capacité à m'adapter, quoi qu'il arrive.

Je suis arrivée après le groupe, dans la nuit. Donc tout le monde avait pu faire connaissance la veille, et j'avoue avoir eu un petit "et si je ne trouvais pas ma place ?". Au réveil, en voyant les premiers sourires, j'ai vite compris que ma place était là, avec eux.
Ça fait boom boom ! Un second souffle ! Je me rappelle m'être dit "enfin", c'était presque irréel. D'ailleurs, 6 mois après mon retour, je commence tout juste à réaliser, à intégrer.

Ce sentiment m'a vraiment traversée lorsque nous étions dans le 4x4 en direction du camp. Je me rappelle d'un groupe de femmes Maasaï qui allaient chercher de l'eau à la rivière avec leurs ânes. Elles étaient sous un soleil brûlant à faire de nombreux kilomètres pour trouver l'eau, tout en abordant de larges sourires en réponse à notre venue et à nos signes de la main. À ce moment-là, j'ai compris que j'allais vivre une expérience humaine puissante.
Tellement de choses, je m'en rends compte au fur et à mesure que le temps passe. Je crois que l'élément essentiel et le plus puissant est l'entraide. Nous vivons dans une société égoïste et centrée sur soi ici en France ; je n'ai absolument pas ressenti ce sentiment lors de notre séjour en terre maasaï.
Sur la route du lac Natron, se lever à l'aube et tous partir sans un bruit dans la savane pour rejoindre le lac. C'était incroyable : le silence, les couleurs, le bruit de nos pas dans le sable, les girafes à quelques mètres qui profitaient de la fraîcheur de l'aube. À ce moment-là, j'ai compris ; à ce moment-là, je me suis sentie légère, le dos moins lourd, les épaules moins chargées de toutes ces choses inutiles qui peuvent nous angoisser ou polluer notre quotidien. J'étais là, au milieu de la savane, évoluant vers le lac avec un groupe incroyable, entourée de girafes, et je n'avais besoin de rien d'autre.

Je me suis construite seule, j'étais mon seul pilier pendant plusieurs années. Je n'avais pas le droit de m'affaisser. J'ai quitté le foyer familial à l'âge de 14 ans. Je ne pouvais compter que sur moi-même pour payer mon loyer, manger, vivre… Je n'ai pour ainsi dire jamais accepté d'aide car je ne connaissais pas ça, ce n'était pas ce qui était normal pour moi. Aider, oui, être aidée, non. Demander de l'aide, accepter de l'aide, étaient synonymes de faiblesse. Le groupe, CE groupe, chaque individu, chaque approche, chaque personnalité m'ont permis de comprendre qu'accepter d'être épaulée n'est pas une faiblesse…
Oh que oui, j'accepte. J'accepte la femme que je suis aujourd'hui, j'accepte la femme que j'ai été hier, et j'ai hâte de découvrir la femme que je serai demain !

Je suis encore en "infusion" ! Les expériences, les rencontres, les découvertes, les lâchers-prise… Aujourd'hui, je sais dire non, je sais m'imposer, je sais perdre le contrôle. Merci pour ça !!
Je n'étais jamais partie en groupe. J'avais au fond de moi une petite appréhension qui s'est vite dissipée. Pour moi, qui ai un réel besoin de moments de solitude et de silence, c'était le combo parfait. Échange collectif et moment d'introspection !!

La sensation est assez indescriptible, d'ailleurs j'ai du mal à poser des mots sur ce voyage, et souvent je me replonge dans la galerie photos de Céline. À ce moment, les odeurs, les bruits, tout remonte et me submerge de bonheur. Je ne suis plus cette femme d'avant la Tanzanie, cette expérience m'a clairement transformée. Mes valeurs restent inchangées, mais mes priorités ont évolué.
Oulaaaaa… Tellement de choses !! Vous, le groupe, le collectif, la puissance du collectif, la puissance de l'isolement, la force de la terre… Cette expérience m'a ouverte, tout simplement. J'ai compris que je n'étais pas seule, j'ai compris que l'on me voyait telle que je suis, et non pas comme la femme de, la fille de, la sœur de… Pouvoir laisser partir ce qui doit l'être et accueillir ce qu'il faut. Les choses ont bougé, et continuent de bouger. C'est une expérience puissante qui mérite que l'on soit un minimum alignée avec soi ; il faut comprendre que lorsque l'on met un pied dans l'avion, votre vie va considérablement évoluer.
Fonce meuf !!! 😉
Cindy, merci. Merci de nous avoir partagé ton témoignage avec autant de sincérité — je reconnais tellement la femme que j'ai rencontrée à travers chacun de ces mots. Ce qu'elle a partagé ici, c'est son expérience vécue et incarnée.
Parce que la vérité, c'est que je l'ai rencontrée davantage lors de cette semaine en Tanzanie que lors de la formation qui nous avait réunies quelques mois avant. C'est ça aussi la magie de ces voyages initiatiques — ils créent des rencontres qui n'auraient pas pu exister autrement. Et Cindy fait partie des femmes que j'ai aimé croiser sur ce chemin. Sa personnalité, son énergie, la façon dont elle prend sa place dans sa vie et dans son histoire — ça m'a touchée. Vraiment.
Ce que je vis dans ces retraites, je le vis à part entière — comme organisatrice, comme accompagnante, comme femme en chemin. Chaque édition est pour moi un espace de rencontre avec l'humanité, de connexion à moi-même, d'évolution intérieure. Alors quand une participante choisit de revenir, c'est une confiance renouvelée qui m'honore profondément.
Et justement — Cindy a décidé de repartir. Elle sera avec nous pour l'édition 2027 de la retraite HUMAN, cette fois à la rencontre du peuple Dorzé en Éthiopie, en Afrique également. Une nouvelle terre, un nouveau peuple, une nouvelle couche de transformation. Je suis sincèrement heureuse de l'avoir avec nous une nouvelle fois, et j'ai hâte de l'accompagner dans cette nouvelle rencontre avec elle-même et avec l'humanité.
Si toi aussi tu sens cet appel — celui d'un voyage qui va au-delà des vacances, celui d'une expérience qui te sort de tes repères pour mieux te retrouver — tu peux retrouver l'ensemble des prochaines dates de mes voyages initiatiques à travers le monde, que ce soit avec HUMAN, Terre Sauvage ou Graine d'Human, sur cette page : ici