Féminin sauvage, masculin sauvage : et si nous avions appris à survivre plutôt qu'à vivre ?

On nous a tellement appris à bien nous comporter qu'on a peut-être oublié comment vivre.

Cette phrase résume assez bien une réflexion qui m'accompagne depuis quelques temps et qui est aujourd'hui au cœur de ma vision du féminin sauvage, du masculin sauvage et de notre nature profondément humaine.

Depuis notre enfance de petit français, nous apprenons à devenir des êtres humains raisonnables, responsables, adaptés à la société dans laquelle nous grandissons. Nous apprenons ce qui se fait, ce qui ne se fait pas, les comportements qui sont acceptables, les émotions qu'il vaut mieux retenir et les chemins qu'il serait préférable d'emprunter pour réussir notre vie.

Notre famille, notre éducation, notre culture, notre environnement social et les expériences que nous traversons participent à la construction de notre identité. Et c'est parfaitement naturel. Nous sommes des êtres sociaux, nous avons besoin d'apprendre à vivre ensemble, de comprendre les règles et de trouver notre place dans le collectif.

Mais il y a une question qui me chatouille profondément : à quel moment avons-nous commencé à confondre ce que nous avons appris à être avec ce que nous sommes véritablement ?

À quel moment avons-nous considéré que notre identité se résumait qu'à notre histoire, à notre éducation, à nos croyances, à nos blessures, à nos rôles et à ce que la société attendait de nous ( ou qu'on se raconte qu'elle attend de nous) ?

Et surtout, quelle place avons-nous laissée à cette partie de nous qui existe au-delà de tous ces apprentissages ? Cette part instinctive, émotionnelle, sensible, créative, singulière, profondément vivante, que l'on appele notre nature sauvage.

C'est de cette réflexion qu'est née ma vision de Terre sauvage. Une vision qui ne cherche pas à nous faire retourner à une vie primitive, à rejeter notre société ou à devenir quelqu'un d'autre, mais qui nous invite à retrouver notre liberté d'être, au cœur même de notre humanité dans notre société actuelle.

Femme en maillot de bain dans une posture puissante sur des rochers face à la mer turquoise, symbole du féminin sauvage et de la liberté corporelle.
Crédit photo édition 2024 : Céline Machy

Et si notre société nous avait appris à rechercher la sécurité plutôt qu'à vivre ?

Il y a quelque chose qui me chatouille particulièrement dans le fonctionnement de nos sociétés occidentales, et notamment dans la place que notre modèle capitaliste a donnée à la sécurité financière.

Nous grandissons avec cette idée qu'une vie réussie est avant tout une vie sécurisée financièrement et matériellement. Il faut bien travailler à l'école pour obtenir un bon métier, trouver un emploi stable pour gagner correctement sa vie, acheter une maison si possible, mettre de l'argent de côté, préparer sa retraite et éviter autant que possible les décisions qui pourraient fragiliser cette construction.

Finalement, nous sommes très tôt préparés à organiser notre existence autour d'un objectif qui semble aller de soi : atteindre et conserver une certaine sécurité financière.

Et je trouve intéressant de nous demander pourquoi nous avons collectivement donné autant de place à cet objectif, au point d'en faire parfois la finalité de notre vie : VIVRE.

Bien entendu, je ne remets pas en question la nécessité de travailler, de gagner de l'argent ou de répondre à nos responsabilités. Je suis moi-même cheffe d'entreprise, j'ai une famille, une maison, des factures à payer et une vie quotidienne à organiser. Je sais aussi que, pour beaucoup de personnes, la sécurité financière est un besoin essentiel et que la précarité que peut imposer notre société, ne laisse pas la liberté de choisir.

Mais justement, ce qui m'interpelle, ce n'est pas notre besoin légitime de sécurité. C'est le fait que nous ayons fini par considérer cette sécurité comme un but en soi, plutôt que comme un moyen de nous permettre de vivre.

Nous travaillons pour gagner de l'argent, nous gagnons de l'argent pour payer nos factures, nous économisons pour préparer notre avenir et nous passons parfois une grande partie de notre existence à anticiper ce qui pourrait arriver demain. Pendant ce temps, nous remettons à plus tard certaines envies, certains projets, certaines expériences, parce qu'il faut d'abord être raisonnable, prudent et suffisamment sécurisé.

Et si, à force de vouloir nous assurer les moyens de vivre, nous avions parfois oublié de nous demander ce que nous avions véritablement envie de vivre ?

Je ne crois pas que l'argent soit le problème. Je crois que la question est celle de la place que nous lui donnons. L'argent peut être un formidable outil de liberté, mais il peut aussi devenir une source permanente de peur, de contrôle et de renoncement lorsque nous organisons toute notre existence autour de la crainte d'en manquer ( et je me met dedans !!! ).

Notre société valorise énormément la réussite professionnelle, la stabilité, la possession et l'accumulation. Mais elle nous invite beaucoup moins à nous demander ce qui nous fait nous sentir vivants, ce qui nous met en joie, ce qui nourrit notre cœur, ce qui donne du sens à nos expériences et ce que nous souhaitons véritablement faire de notre passage sur Terre.

Pour moi, la sécurité financière n'est pas le but de la vie. Elle est l'un des moyens qui peuvent nous permettre de la vivre.

Et c'est une distinction essentielle, parce qu'elle nous redonne la possibilité de choisir consciemment la place que nous voulons accorder à notre travail, à notre argent, à nos responsabilités, à nos relations, à nos désirs et à nos expériences.

L'essence de la vie, ce n'est pas de passer notre existence à nous protéger de tout ce qui pourrait nous arriver. L'essence de la vie, c'est de vivre.

Retrouver sa nature sauvage, ce n'est pas devenir quelqu'un d'autre

Quand je parle de nature sauvage, je ne parle pas d'une version de nous-mêmes qui serait plus spectaculaire, plus puissante, plus spirituelle ou plus intéressante que celle que nous sommes aujourd'hui.

Je parle de cette part profondément humaine qui existe en chacun de nous et qui ne se résume pas à nos conditionnements.

Nous sommes des êtres de corps, d'émotions, d'instincts, de désirs, d'intuition, de sensibilité et de créativité. Nous sommes capables d'aimer, de rire, de pleurer, de ressentir de la peur, de la colère, de la joie, de l'élan, de la sensualité et une multitude d'autres expériences qui font la richesse de notre humanité.

Pourtant, nous avons parfois appris à nous méfier de certaines de ces expressions. Nous avons appris à contrôler notre corps, à retenir nos émotions, à rationaliser nos envies, à faire taire nos intuitions et à privilégier ce qui semble acceptable aux yeux des autres.

Et progressivement, nous pouvons finir par perdre le contact avec certaines parties de nous-mêmes, non pas parce qu'elles auraient disparu, mais parce que nous n'avons jamais vraiment appris à leur laisser une place.

Je crois même que certaines personnes n'ont jamais eu l'occasion de découvrir pleinement cette part d'elles-mêmes. Il ne s'agit donc pas toujours de retrouver quelque chose que nous aurions oublié, mais parfois de rencontrer quelque chose dont nous n'avons jamais véritablement pris conscience.

Notre histoire nous construit, bien sûr, et il ne s'agit pas de la nier. Mais je crois profondément que nous ne sommes pas uniquement ce que la vie a fait de nous.

Nous sommes aussi tout ce que nous n'avons pas encore osé explorer, exprimer ou incarner.

Pour moi, retrouver sa nature sauvage, c'est ouvrir cet espace de rencontre avec soi. C'est se donner la possibilité de questionner ce que nous croyons être, de reconnaître ce qui nous appartient véritablement et de retrouver une liberté de choix dans notre manière de vivre.

Un homme de dos, immergé dans un bassin naturel entouré de végétation tropicale en Guadeloupe, illustrant le masculin sauvage et la reconnexion à la nature.
Crédit photo édition 2025 : Céline Machy

Le féminin sauvage : une femme libre d'habiter son corps et sa vie

Quand je ferme les yeux et que je pense au féminin sauvage, une image me vient immédiatement.

Je vois une femme sur la plage de Grande-Anse, en Guadeloupe. D'un côté, la mer des Caraïbes, de l'autre, la forêt tropicale. Devant elle, un feu autour duquel elle danse, vêtue d'une robe légère qui accompagne les mouvements de son corps.

Ses gestes sont amples, aériens, voluptueux et sensuels. Elle bouge librement, sans chercher à reproduire une chorégraphie, à être belle ou à séduire. Elle est simplement présente à ce qu'elle ressent, à son corps, à la musique, à la terre sous ses pieds et aux éléments qui l'entourent.

Et ce qui me touche profondément dans cette image, c'est la sécurité qui émane d'elle.

Cette femme se sent en sécurité dans son corps. Elle sait que son corps de femme est une puissance et non un danger, une honte ou quelque chose qu'elle devrait constamment surveiller. Elle n'a pas besoin de cacher sa sensualité, pas plus qu'elle n'a besoin de l'exhiber pour exister.

Elle connaît sa valeur, sa singularité et sa liberté d'être. Elle peut ressentir du désir, exprimer ses émotions, prendre sa place, poser ses limites et faire des choix qui lui ressemblent, sans considérer qu'elle doit obtenir l'approbation de son entourage pour être légitime.

Dans ma vision, le féminin sauvage n'est pas une nouvelle définition de ce que devrait être une femme. C'est précisément la liberté de ne plus avoir à correspondre à une définition imposée.

Parce que nous avons déjà suffisamment grandi avec des injonctions sur ce qu'une femme doit être. Il faudrait être douce, mais pas faible ; indépendante, mais pas trop ; sensuelle, mais pas provocante ; forte, mais pas intimidante ; attentive aux autres, mais sans jamais se perdre.

Et si nous arrêtions simplement de chercher à faire entrer les femmes dans des cases, même lorsqu'elles sont présentées comme spirituelles ou libératrices ?

Une femme peut être douce, puissante, discrète, expressive, sensuelle, réservée, ambitieuse, vulnérable ou tout cela à différents moments de sa vie. Aucune de ces caractéristiques ne la rend plus ou moins femme qu'une autre.

Le féminin sauvage, tel que je le ressens, c'est une femme qui se donne la liberté d'incarner sa féminité à sa manière, dans le respect de son corps, de ses envies, de ses limites et de sa vérité.

Le masculin sauvage : un homme libre de ressentir et d'être lui-même

Et dans cette image, à côté de cette femme qui danse autour du feu, je vois un homme.

Il est torse nu, vêtu d'un pantalon ample. Ses mouvements sont ancrés, presque tribaux, profondément reliés à la terre. Il danse, il chante, il rit et il peut aussi pleurer, sans ressentir le besoin de cacher ce qui le traverse.

Cet homme n'a pas besoin de démontrer sa force en permanence. Il n'a pas besoin de combattre, de dominer, de tout contrôler ou de prouver sa virilité pour se sentir légitime dans son identité masculine.

Il sait qu'il peut être puissant et vulnérable, solide et sensible, protecteur sans être dans le contrôle, présent sans avoir à porter toutes les responsabilités.

Et surtout, il sait que ses émotions ne retirent rien à sa masculinité.

Nous avons tellement appris aux hommes à être forts, à ne pas pleurer, à gérer, à assurer, à protéger, à réussir et à ne pas montrer leurs failles que nous avons parfois oublié de leur laisser la liberté d'être simplement humains.

Pour moi, le masculin sauvage est aussi une invitation à sortir de ces conditionnements. Non pas pour imposer aux hommes un nouveau modèle de masculinité, mais pour leur permettre d'explorer la leur, sans avoir constamment quelque chose à prouver.

Dans mon image, cet homme et cette femme dansent côte à côte. Ils ne sont pas là pour se compléter parce qu'il manquerait quelque chose à l'un ou à l'autre, ni pour incarner deux polarités qui devraient absolument s'équilibrer.

Ils sont deux êtres humains, chacun dans sa singularité, capables de se rencontrer, de se respecter et de partager un espace dans lequel aucun n'a besoin de se diminuer pour que l'autre puisse exister.

C'est cette liberté que j'ai envie d'ouvrir aux femmes comme aux hommes à travers Terre sauvage.

Notre nature sauvage comprend aussi nos ombres

Il y a un autre sujet qui me semble essentiel lorsque nous parlons de reconnexion à soi, de féminin sauvage, de masculin sauvage et de développement personnel : la place que nous accordons à nos émotions et à nos parts d'ombre.

Nous vivons dans une société qui nous encourage souvent à contrôler ce qui nous traverse. Et même dans certains univers du bien-être ou de la spiritualité, nous retrouvons parfois cette idée qu'il faudrait être toujours plus apaisé, plus positif, plus lumineux, plus aligné.

Comme si notre colère, notre peur, notre tristesse, nos contradictions ou notre vulnérabilité étaient des imperfections dont nous devrions nous débarrasser pour devenir une meilleure version de nous-mêmes.

Mais je ne crois pas que notre humanité fonctionne ainsi.

Nos émotions font partie de notre nature. Elles nous renseignent sur nos besoins, nos limites, nos expériences, nos désirs et notre manière de rencontrer le monde. Elles peuvent parfois être inconfortables, envahissantes ou difficiles à comprendre, mais elles ne sont pas pour autant des ennemies.

Une colère peut nous parler d'une limite qui n'a pas été respectée. Une peur peut nous inviter à regarder notre besoin de sécurité. Une tristesse peut nous rappeler l'importance d'un lien, d'une perte ou d'une expérience qui nous touche profondément.

Et il ne s'agit pas non plus de glorifier nos émotions ou de considérer que tout ce que nous ressentons doit nécessairement être exprimé ou suivi dans nos comportements. Nous pouvons reconnaître une émotion, l'accueillir et choisir consciemment ce que nous en faisons.

C'est là que se trouve, à mes yeux, une forme de liberté.

Être libre, ce n'est pas ne plus avoir peur, ne plus être en colère ou ne plus souffrir. C'est pouvoir reconnaître ce qui nous traverse sans que cela définisse entièrement qui nous sommes ou décide systématiquement à notre place.

Je crois que nos parts d'ombre peuvent devenir de véritables ressources lorsque nous apprenons à les rencontrer, à les comprendre et à leur donner une place plus consciente dans notre existence.

Et je crois aussi que l'inconfort peut parfois être une traversée nécessaire à cette rencontre avec soi.

Retrouver sa nature sauvage ne consiste donc pas à ne garder que ce qui est beau, doux, joyeux ou lumineux. C'est reconnaître que nous sommes des êtres entiers, faits de nuances, de contradictions, de fragilités et de forces.

La nature nous rappelle que la singularité fait partie du vivant

Quand j'observe la nature, je suis toujours touchée par la diversité de ses expressions.

Un arbre ne demande pas la permission pour grandir. Une fleur ne cherche pas à ressembler à sa voisine pour mériter sa place. Une forêt ne se construit pas avec une seule espèce d'arbre, une seule forme de vie ou une seule manière d'exister.

Chaque élément du vivant possède ses particularités, son rythme, ses besoins et sa façon de participer à l'ensemble.

Et c'est justement cette diversité qui contribue à la richesse des écosystèmes.

Femme allongée dans l'eau, une jambe levée, au pied de falaises rocheuses, exprimant la liberté du corps et la reconnexion à soi.
Crédit photo édition 2025 : Céline Machy

Alors pourquoi avons-nous autant de difficultés à accueillir cette même diversité chez les êtres humains ?

Pourquoi cherchons-nous si souvent à faire entrer les personnes dans des catégories, à définir ce qui est normal, ce qui ne l'est pas, ce qui est acceptable et ce qui devrait être corrigé ?

Pourquoi avons-nous parfois davantage peur de déranger les autres en étant nous-mêmes que de passer à côté de notre propre vie ?

Pour moi, se reconnecter à la nature, ce n'est pas simplement aller marcher dans une forêt ou contempler un coucher de soleil. C'est aussi se rappeler que nous faisons partie du vivant.

Nous ne sommes pas séparés de la terre, des éléments, des rythmes naturels ou des autres formes de vie. Nous sommes des êtres vivants, avec un corps, des besoins, des émotions, des instincts et une capacité extraordinaire à entrer en relation avec notre environnement.

Et je trouve que notre société moderne nous éloigne parfois de cette évidence, à force de privilégier le contrôle, la performance, la productivité et l'organisation de nos existences.

C'est aussi pour cela que j'aime autant les expériences en immersion dans la nature. La mer, la forêt, la terre, le feu et les éléments deviennent des supports de rencontre avec soi, avec les autres et avec ce qui nous entoure.

La nature n'est pas simplement un décor dans lequel nous venons pratiquer des activités de développement personnel. Elle fait pleinement partie de l'expérience, parce qu'elle nous invite à ressentir, à observer, à ralentir, à nous laisser toucher et à retrouver notre place dans quelque chose de plus vaste que nos préoccupations quotidiennes.

Être libre d'être soi ne signifie pas vivre contre les autres

Il y a une phrase que j'aime particulièrement et qui résume assez bien ma vision de la liberté : ma liberté s'arrête au respect de l'autre, pas à ses attentes.

Cette distinction est fondamentale, parce que lorsque nous parlons d'instincts, de désirs, de liberté et de nature sauvage, certaines personnes peuvent imaginer qu'il s'agit de faire tout ce que nous voulons, sans nous préoccuper des conséquences ou des autres.

Mais ce n'est absolument pas ma vision.

Nous sommes des êtres sociaux, profondément reliés les uns aux autres. Nous avons besoin de relations, de rencontres, de coopération, d'amour, de partage et d'appartenance.

Simplement, je ne crois pas que vivre ensemble devrait nous obliger à renoncer à notre singularité.

Je peux respecter une personne sans partager ses croyances. Je peux aimer quelqu'un sans être obligée de répondre à toutes ses attentes. Je peux exprimer une émotion sans agresser. Je peux reconnaître un désir sans l'imposer. Je peux faire des choix différents de ceux de mon entourage sans considérer que les leurs sont moins légitimes.

Et je crois même que lorsque nous nous autorisons davantage à être nous-mêmes, nous devenons parfois plus disponibles pour rencontrer véritablement les autres.

Nous avons moins besoin de nous comparer, de nous conformer, de nous protéger derrière des personnages ou de chercher à obtenir constamment l'approbation du collectif.

Nous pouvons nous inspirer mutuellement, nous nourrir de nos différences et créer ensemble des expériences que nous n'aurions peut-être jamais imaginées seuls.

C'est une dimension qui me touche profondément dans l'accompagnement collectif.

Lorsque plusieurs personnes se retrouvent dans un espace de sécurité, de respect et de non-jugement, chacune arrive avec son histoire, ses émotions, sa sensibilité, ses croyances et sa manière d'être au monde.

Et lorsque chacun peut prendre sa place sans devoir ressembler aux autres, le collectif devient une richesse extraordinaire.

Je reviens souvent à cette image du feu sur la plage de Grande-Anse. J'imagine des femmes et des hommes autour de ce feu, certains qui dansent, d'autres qui chantent, certains qui pleurent, d'autres qui observent ou qui restent simplement présents.

Personne n'a besoin de faire comme son voisin. Chacun peut choisir sa manière de vivre l'expérience, dans le respect de soi et des autres.

Et c'est justement cette liberté individuelle qui peut donner naissance à une expérience collective profondément humaine.

Et si notre véritable identité existait au-delà de ce que nous avons appris à être ?

Je crois que c'est probablement la question centrale de toute cette réflexion.

Qui sommes-nous véritablement, au-delà de notre éducation, de notre histoire, de nos blessures, de nos réussites, de nos rôles et de nos conditionnements ?

Je ne crois pas qu'il existe une réponse universelle à cette question, ni qu'une autre personne puisse nous dire qui nous sommes mieux que nous-mêmes.

Mais je crois que nous pouvons passer une grande partie de notre vie à nous identifier à des façons d'être que nous avons développées pour nous adapter, être aimés, reconnus, acceptés ou simplement nous sentir en sécurité.

Nous pouvons avoir appris à être forts parce que nous pensions ne pas avoir le droit d'être vulnérables. À être discrets parce que prendre notre place semblait déranger. À tout contrôler parce que l'incertitude nous faisait peur. À faire passer les besoins des autres avant les nôtres parce que nous avions associé l'amour au fait de nous rendre indispensables.

Et parfois, nous avons tellement répété ces façons d'être qu'elles nous semblent naturelles, évidentes, indiscutables.

Pourtant, nous pouvons aussi nous demander si elles correspondent toujours à la personne que nous avons envie d'être aujourd'hui.

Ce questionnement ne consiste pas à rejeter notre histoire ou à considérer que tout ce que nous avons appris serait faux. Il consiste à retrouver une liberté de regard sur nous-mêmes et sur les choix que nous faisons.

À reconnaître ce qui nous nourrit véritablement, ce qui nous limite, ce que nous souhaitons conserver et ce que nous avons envie de transformer.

Et parfois, cette exploration nous permet de découvrir des parties de nous que nous n'avions encore jamais rencontrées consciemment.

C'est cette rencontre qui m'intéresse profondément dans mon métier d'accompagnante.

Je ne cherche pas à apprendre aux personnes qui elles devraient devenir. Je souhaite leur offrir des espaces dans lesquels elles peuvent explorer leur propre vérité, leur propre manière de ressentir, d'exister et de prendre leur place dans le monde.

Parce que je crois que notre liberté commence aussi dans cette capacité à nous rencontrer sans chercher immédiatement à nous corriger.

Femme en robe blanche légère, les bras ouverts, debout dans la mer, évoquant le féminin sauvage et la reconnexion à la nature.
Crédit photo édition 2025 : Céline Machy

Terre sauvage : une retraite holistique au cœur du vivant

C'est de cette vision qu'est née Terre sauvage, une retraite holistique et thérapeutique en Guadeloupe, ouverte aux femmes et aux hommes.

Une expérience imaginée pour nous reconnecter à notre corps, à nos émotions, à nos instincts, à notre sensualité, à nos parts d'ombre, à notre singularité et à notre lien avec la nature.

Je n'ai pas créé Terre sauvage pour apprendre aux femmes à devenir plus féminines, ni aux hommes à devenir plus masculins. Je ne l'ai pas créée non plus pour proposer une nouvelle méthode qui permettrait de devenir une version idéale de soi-même.

Je l'ai créée avec l'envie d'ouvrir un espace dans lequel chacun puisse explorer ce qu'il est, au-delà des rôles et des conditionnements qui ont participé à construire son identité.

Un espace où nous pouvons retrouver le plaisir d'habiter notre corps, accueillir nos émotions comme des ressources, rencontrer nos vulnérabilités sans honte, reconnaître nos désirs et nous reconnecter à notre liberté intérieure.

Un espace où la nature est pleinement présente, où les expériences individuelles nourrissent le collectif et où le respect de soi et de l'autre constitue le cadre de tout ce que nous vivons.

Je ne crois pas qu'une retraite puisse résoudre toutes les difficultés d'une vie, effacer notre histoire ou nous révéler une vérité définitive sur nous-mêmes en quelques jours.

Mais je crois profondément à la puissance des expériences vécues, à ces moments où quelque chose se déplace dans notre regard, dans notre corps, dans notre façon de ressentir ou de nous rencontrer.

Je crois à la puissance du collectif lorsque chacun peut y être accueilli dans sa singularité. Je crois à la richesse de nos émotions lorsque nous cessons de les considérer comme des ennemies. Et je crois à la force de la nature lorsqu'elle nous invite à retrouver notre appartenance au vivant.

Terre sauvage est née de toutes ces convictions, avec cette intention simple : aller à la rencontre de l'être que nous sommes, au-delà de celui que nous avons appris à être.

Et si nous osions simplement vivre ?

Finalement, lorsque je parle de féminin sauvage, de masculin sauvage ou de nature sauvage, je parle avant tout de liberté.

Pas de cette liberté fantasmée qui consisterait à n'avoir aucune contrainte, aucune responsabilité ou aucune limite, mais de cette liberté profondément humaine qui nous permet de choisir consciemment la manière dont nous voulons habiter notre existence.

La liberté de ressentir, d'aimer, de créer, de désirer, de prendre notre place, de reconnaître nos ombres, d'accueillir notre vulnérabilité et d'assumer notre singularité.

La liberté de construire une vie qui nous ressemble, même lorsqu'elle ne correspond pas exactement à ce que notre famille, notre culture ou notre société avaient imaginé pour nous.

La liberté de faire de l'argent un moyen plutôt qu'une finalité, de nos émotions des ressources plutôt que des faiblesses, de nos différences une richesse plutôt qu'un problème et de nos relations des espaces de rencontre plutôt que de conformité.

Je ne crois pas que nous soyons venus au monde uniquement pour remplir des obligations, sécuriser notre avenir et répondre aux attentes des autres.

Je crois que nous sommes aussi là pour expérimenter, ressentir, aimer, créer, rencontrer, découvrir, partager et nous émerveiller de ce que signifie être vivant.

Et je crois que nous avons parfois tellement appris à organiser notre existence que nous avons oublié de lui laisser la place d'être vécue.

Alors, si nous commencions simplement par nous poser cette question : est-ce que je suis en train de vivre la vie que j'ai choisie, ou celle que j'ai appris à considérer comme la bonne ?

Peut-être que notre nature sauvage commence à retrouver sa place à cet instant précis. Lorsque nous nous autorisons à questionner ce qui semblait évident, à écouter ce qui vibre profondément en nous et à envisager que nous avons encore tellement de choses à découvrir sur nous-mêmes.

Parce que nous ne sommes pas uniquement ce que la vie a fait de nous. Nous sommes aussi tout ce que nous n'avons pas encore osé être.

Et parce que, pour moi, l'essence de la vie n'a jamais été de simplement survivre.

L'essence de la vie, c'est de vivre.


Envie de découvrir Terre sauvage ?

Si cette vision du féminin sauvage, du masculin sauvage et de la liberté d'être soi résonne en toi, je t'invite à découvrir Terre sauvage, ma retraite d'expériences thérapeutique en Guadeloupe ici

Une expérience humaine, thérapeutique et collective, au cœur de la nature, pour explorer ta singularité, tes émotions, ton corps et ta propre vérité.

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