Retraite humanité en Afrique : Mon Carnet intime avant HUMAN 2026

Avant de partir, il y a toujours ce moment particulier, cet espace suspendu entre ce qui est encore là et ce qui n’a pas encore commencé. Un temps où le départ est suffisamment proche pour ne plus être une idée abstraite, pas encore assez concret pour être incarné, et dans lequel je sens que beaucoup de choses sont déjà en train de se jouer intérieurement.

La valise se rempli et se prépare doucement, les papiers tels que le visa et le programme sont imprimé et visible chaque jour sur mon bureau.. Ils attendent le jour J et pourtant, quelque chose en moi a déjà commencé à bouger, cette retraite humanité en Afrique a commencé bien avant le premier pas posé sur cette terre.

Paysage de Tanzanie au lever du soleil dans la région du lac Natron, terre d’accueil de la retraite humanité en Afrique

Au moment où j'écris cet article.. Dans deux semaines, je monterai dans un avion en direction de la Tanzanie, pour vivre la troisième édition de HUMAN et toi tu vas le lire ( et moi aussi le relire) la veille de mon départ. Cette année, la retraite se déroule dans la région du lac Natron, au pied du volcan sacré des Maasaï, le Ol Doinyo Lengai. Un territoire brut, puissant, profondément symbolique, qui vient déjà me convoquer intérieurement avant même que j’y sois physiquement.

Avant de partir, il y a toujours ce moment-là

Ce moment où le corps est encore ici, où l’âme commence déjà à voyager. Un moment où les pensées se densifient, où les émotions prennent plus de place, où les questions deviennent plus présentes. À chaque édition de HUMAN, je retrouve cet état particulier, comme une phase de transition où l’on n’est plus tout à fait dans l’avant et pas encore dans le pendant, et où l’invisible commence déjà à travailler dans l'énergie du groupe qui est posé et pas encore ensemble.

HUMAN, troisième édition : ce que je sais… et ce que je ne sais plus

HUMAN en est à sa troisième édition, et pourtant, malgré l’expérience, malgré ce que je sais organiser, cadrer et porter, je pourrais dire exactement la même chose qu’à la première : je sais ce que je propose et je ne sais jamais vraiment ce que je vais vivre. HUMAN c’est une rencontre, une rencontre avec d’autres humains pour aller rencontrer sa propre humanité, à travers le lien, la différence, la confrontation parfois, la simplicité toujours.

Cette année, cette rencontre se fait avec le peuple Maasaï de Tanzanie, dans les villages autour du lac Natron, à travers leur manière d’habiter le territoire, de vivre la relation, de transmettre leur culture, leurs traditions, leur rapport au sacré, à la nature et au vivant. Les matinées sont consacrées à ces immersions, à la marche, à l’observation, à l’écoute, à la découverte de leur environnement, de leur lien à la terre et au volcan, leur mode de vie.

Les après-midis, avec Sylvie, nous avons co-créé et co-animons un programme thérapeutique qui se déploie sur les huit jours de la retraite, à travers des ateliers passant par le corps, la parole, le silence, le visible et l’invisible, la libération émotionnelle, les voyages chamaniques, l’art-thérapie et les rituels.

Guerriers maasaï marchant face au volcan Ol Doinyo Lengai en Tanzanie, symbole fort de la retraite humanité en Afrique

Même si je porte le cadre, même si j’en assure l’organisation et la sécurité, je sais aujourd’hui que je ne suis jamais extérieure à ce qui se vit en retraite. Je ne suis pas au-dessus de l’expérience, je suis dedans, traversée par elle, avec simplement la responsabilité de tenir l’espace sans me couper de ce que cela vient aussi bouger en moi.

Le corps : ce vieux terrain de négociation

L’année dernière, dans le désert marocain, le corps était déjà au centre de mon attention, non pas parce qu’il me faisait particulièrement souffrir, mais parce que je ne lui faisais pas confiance. J’avais peur qu’il ne tienne pas, peur de la marche, peur de l’endurance, peur de ces kilomètres quotidiens dans le sable, alors même que cela faisait six mois que je m’entraînais à la randonnée et que, concrètement, tout se passait bien. J’avais pris du poids, j’avais quelques douleurs diffuses, et malgré toute la préparation mise en place, je doutais profondément de mes capacités physiques.

Mon carnet Intime avant HUMAN 2025 ici

Et pourtant, le désert a été clair, presque implacable dans sa vérité : le corps a tenu, il a marché, il a suivi le rythme, il a été présent, comme s’il avait simplement fallu que je lui fasse confiance.

Cette année, le corps revient me parler autrement. Il y a les crises inflammatoires, les douleurs qui s’installent, cette épaule gauche qui manifeste clairement ses limites, et la conscience très nette que certaines choses ne pourront pas se faire de la même manière. Je sais déjà que je ne jouerai pas du tambour avec la liberté que j’aurais souhaitée, que je vais devoir adapter, ajuster, composer avec ce qui est là plutôt que lutter contre.

Girafe dans la savane tanzanienne, immersion dans le vivant lors d’une retraite humanité en Afrique

Pour la première fois, je pars avec une décision intérieure très claire : je n’ai pas envie de me mettre à mal. Je pars avec l’intention de soutenir mon corps, de l’écouter, de le protéger, de respecter ses limites, non pas dans une logique de renoncement, mais dans une logique de durabilité, de présence et de respect de ce qu’il traverse.

Le féminin blessé, l’utérus et la mémoire du corps

Au-delà de ces douleurs visibles, il y a une zone plus intime, plus silencieuse, celle du féminin blessé, du corps marqué par l’endométriose, par les opérations, par les actes médicaux successifs qui ont laissé une mémoire bien réelle dans cette partie sacrée de mon corps. Il y a trois ans, lors d’une opération importante, j’ai fait le choix conscient de conserver mon ovaire gauche, un choix de femme, un choix de vie, un choix de lien à mon féminin.

Depuis un an et demi, l’endométriose s’est redéveloppée, les symptômes sont revenus, et la périménopause s’installe doucement, venant ajouter une couche supplémentaire de bouleversements physiques et émotionnels. Je sens très clairement que cette retraite sera aussi une rencontre avec cette partie de moi, avec cette zone intime qui a été touchée, modifiée, parfois violentée, et qui demande aujourd’hui à être écoutée autrement.

Je pars avec l’intention d’entrer en dialogue avec cette part de mon corps, de l’écouter, de comprendre les messages qu’elle porte, et peut-être de faire la paix entre cette zone sacrée et le reste de mon être, entre l’histoire inscrite dans la chair et ce que je choisis aujourd’hui d’incarner.

L’Afrique, mes parents, et ce fil invisible qui traverse ma vie

L’Afrique n’est pas entrée dans ma vie comme une destination exotique ou un appel soudain, elle est arrivée bien avant moi, par l’histoire de mes parents, par ce qu’ils ont aimé, par ce qu’ils ont choisi de vivre et de transmettre sans forcément le nommer. Les premiers voyages qu’ils ont faits, quand ils ont enfin eu le temps et les moyens de voyager, se sont faits en Afrique.

Ils n’ont jamais voyagé dans des hôtels aseptisés ou des circuits tout compris, ils ont toujours cherché la rencontre, le lien, le hors-piste, le pas de côté, cette manière de se laisser déplacer intérieurement par l’autre, par la culture, par la manière de vivre. J’étais déjà adulte à ce moment-là, je ne partais pas avec eux, mais quelque chose s’est imprimé en moi, presque inconsciemment, comme un héritage silencieux, une manière de comprendre que le voyage pouvait être un acte profondément humain, relationnel, transformateur.

Quand HUMAN est né, bien plus tard, et qu’il a commencé à prendre la forme d’une retraite en Afrique c’était une évidence intérieure, une continuité, comme si je ne faisais que marcher dans une trace déjà là, tout en y posant ma propre couleur, mon propre cadre, mon propre regard.

Femmes maasaï marchant dans la savane tanzanienne, rencontre avec un peuple africain lors de la retraite humanité en Afrique

La Tanzanie s’est imposée de la même manière. Il y a une histoire familiale, une anecdote autour du Kilimandjaro, un lien particulier avec mon père, quelque chose qui fait sourire quand on le raconte en famille, mais qui, symboliquement, a beaucoup plus de poids que ce qu’il n’y paraît. Il y a des destinations qui ne se choisissent pas, elles s’imposent parce qu’elles viennent relier des fils invisibles entre l’histoire personnelle, l’histoire familiale et ce qui cherche à se vivre aujourd’hui.

Ma mère, la maladie, et ce que cela vient déplacer en moi

L’année dernière, au Maroc, quelques jours avant le départ, ma mère venait d’apprendre qu’elle avait un cancer. HUMAN s’est alors transformé en un point d’ancrage très fort, non seulement pour moi, mais pour tout notre système familial, parce que c’est à ce moment-là que la maladie est devenue réelle, incarnée, impossible à contourner. Ce n’était plus une hypothèse médicale ou une inquiétude abstraite, c’était là, posé, présent.

Un an plus tard, la maladie est toujours là. Elle fait partie de notre quotidien, de nos conversations, de nos ajustements, de nos peurs et de nos élans de vie aussi. Et cette année encore, ma mère sera là. Elle a même fini sa valise depuis des jours et est prete à monter dans l’avion dans quelques heures au moment où cet article est publié, elle va vivre la Tanzanie, elle va rencontrer cette terre, ce peuple, cette expérience que nous allons partager.

Je mesure profondément ce que cela représente. Il y a eu, tout au long de l’année, des moments où je n’étais pas certaine que ce scénario serait possible, où j’ai imaginer d’autres issues, d’autres temporalités, d’autres renoncements potentiels. Et aujourd’hui, au moment où j’écris ces lignes, à deux semaines du départ, je sais que mes parents seront là, ensemble, engagés, conscients de ce qu’ils viennent vivre.

Cela vient toucher quelque chose de très profond en moi, en lien avec le deuil, avec la finitude, avec la conscience aiguë que rien n’est acquis, l'imprévisible et en même temps avec une immense gratitude pour ce qui est encore possible. HUMAN devient alors un espace où se croisent l’amour filial, la fragilité, la force, la transmission et cette capacité très humaine à continuer à vivre pleinement dans les différentes couleurs de la vie et ses surprises.

Ce que cette retraite humanité en Afrique vient travailler pour moi

Cette troisième édition de HUMAN vient clairement toucher des couches encore plus profondes que les précédentes, car chaque fois je descend encore plus en moi ... Il ne s’agit plus seulement de transformation personnelle ou de traversées émotionnelles ponctuelles, mais d’un véritable travail de fond sur les liens, sur les choix, sur l’alignement entre ce que je ressens, ce que je dis et ce que je vis concrètement.

Je sens que cette retraite vient encore nettoyer du transgénérationnel, questionner ma place dans ma famille, mon rôle, mes loyautés, ce que je porte parfois pour les autres sans m’en rendre compte, et ce que je suis en train d’apprendre à déposer. Elle vient aussi travailler très fortement la question des limites, du respect de mon corps, de mes rythmes, de ma capacité à dire non, à ajuster, à ne plus me sacrifier sous couvert d’engagement ou de responsabilité.

Danse et rituel du peuple maasaï en Tanzanie, célébration de l’humanité et du lien lors de la retraite HUMAN en Afrique

Il y a aussi tout ce qui se joue autour de l’affirmation, de l’alignement, des choix conscients que je fais aujourd’hui dans ma vie, même lorsqu’ils bousculent l’ordre établi, les attentes ou les projections extérieures. HUMAN agit pour moi comme un miroir grossissant, un espace où ce qui n’est pas aligné ne peut plus se cacher, où les incohérences deviennent visibles, non pas pour être jugées, mais pour être transformées.

Honorer l’humanité : l’intention que nous portons collectivement

Avec Sylvie, l’intention que nous avons posée pour cette édition de HUMAN est profondément liée à tout ce que je viens de traverser et de nommer. Honorer l’humanité, ce n’est pas célébrer uniquement le beau, le lumineux, le spirituel ou le sacré, c’est accepter de regarder l’humain dans sa totalité, dans sa complexité, dans ses paradoxes.

Nous savons à quel point l’humanité peut être merveilleuse, généreuse, aimante, solidaire et nous savons aussi à quel point elle peut être destructrice, violente, perverse, malveillante. Il ne s’agit pas de nier ces parts-là ni de les recouvrir d’un vernis spirituel rassurant et de reconnaître qu’elles existent en chacun de nous, à des degrés différents, et que le véritable enjeu réside dans la conscience que nous en avons.

À chaque instant, nous faisons des choix. À chaque instant, nous nourrissons une part plutôt qu’une autre. Cette retraite est une invitation à reprendre cette responsabilité-là, individuellement et collectivement, sans culpabilité, sans naïveté, avec lucidité et engagement.

Le collectif : quatorze histoires, quatorze humanités en mouvement

HUMAN est dans son essence une expérience collective, même si elle touche des zones très intimes en individuel. Cette année, ce sont quatorze participants qui arrivent avec leurs histoires, leurs blessures, leurs élans, leurs corps, leurs systèmes familiaux, leurs questionnements. Chacun vient avec ce qu’il sait, surtout avec ce qu’il ne sait pas encore de lui-même.

Village traditionnel maasaï au lac Natron en Tanzanie, lieu de rencontre humaine lors de la retraite humanité en Afrique

Je sais déjà que cette retraite sera un espace de résonance très fort, où les histoires individuelles viendront se croiser, se répondre, se révéler parfois, et où le collectif jouera pleinement son rôle de miroir, de soutien et de catalyseur. C’est un espace où l’humain se montre tel qu’il est, sans masque inutile, sans posture à tenir, avec tout ce que cela implique de beauté, de fragilité et de courage.

Partir sans savoir comment je reviendrai

Aujourd’hui, je sais avec quoi je pars, et c’est déjà beaucoup. Je pars avec des peurs conscientes, des fragilités assumées, des zones encore sensibles dans mon corps, dans mon histoire familiale, dans mon rapport au vivant et à l’humanité. Je pars aussi avec des intentions claires, avec le choix de ne plus forcer, de ne plus me trahir au nom d’un rôle, d’une posture ou d’une responsabilité, d’habiter pleinement ce que je vis, dans le respect de mes limites et de mon rythme.

Ce que je ne sais pas, en revanche, c’est ce que cette terre va venir réveiller, déplacer ou transformer en moi. Je ne sais pas quelles parts vont se révéler, lesquelles vont s’apaiser, lesquelles vont demander encore à être regardées. Je ne sais pas comment je reviendrai, avec quel regard, quel niveau de conscience, quelle couleur intérieure. Et c’est précisément cela, pour moi, l’essence de HUMAN : accepter l’inconnu, accepter de ne pas maîtriser, accepter que l’essentiel ne se programme pas et ne se décide pas à l’avance.

HUMAN ne se vit pas uniquement pendant huit jours en Afrique, il se vit surtout dans l’après, dans la manière dont ce qui a été traversé vient s’inscrire dans la vie quotidienne, dans les relations, dans les choix concrets, dans la manière d’habiter son humanité au jour le jour. Partir, c’est une chose. Revenir, en est une autre. Et entre les deux, il y a ce chemin invisible, intime, profondément vivant, que chacun est invité à emprunter à sa manière.

Je pars avec tout cela, et avec toutes les parts de moi dont je n’ai pas encore conscience, en sachant que c’est souvent là que se cache l’essentiel.

Si ce que je partage ici résonne pour toi, si cette manière de parler de l’humanité, du corps, du lien et de la transformation te touche, alors tu peux simplement m’écrire. Pas pour décider, pas pour t’engager, juste pour échanger et sentir si un bout du chemin peut se faire ensemble... Car HUMAN 2027 est déjà entrain de prendre vie ...

Toutes les photos de cet article sont des photos qui me sont partagés par notre Hote Ingrid qui nous reçoit pour cette retraite dans son camp Maasaï Giraffe

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