Le sujet de entreprendre au féminin traverse mon quotidien depuis longtemps. Il fait partie de mon expérience de vie, de mon parcours professionnel et des centaines de conversations que j’ai eues avec des femmes qui ont choisi de créer leur activité. C’est aussi un sujet qui m’anime profondément parce qu’il parle de liberté, de choix de vie, de vision professionnelle et d’équilibre personnel.
Je suis cheffe d’entreprise depuis 2008. Depuis 2013, j’accompagne également des personnes qui souhaitent créer ou développer leur activité à travers mes formations. Au fil de ces années, j’ai accompagné plus de deux cents personnes dans leur projet entrepreneurial, et la très grande majorité d’entre elles sont des femmes.
Avec le recul, je réalise que parmi toutes les personnes que j’ai formées, seuls quelques hommes ont participé à ces accompagnements. Cinq peut-être. Peut-être un peu plus... Ce que je sais avec certitude, c’est que l’immense majorité des entrepreneurs que j’ai accompagnés depuis plus de dix ans sont des femmes qui ont décidé à un moment donné de transformer une idée, une compétence ou une passion en activité professionnelle.

Des femmes avec des histoires différentes.
Des femmes avec des parcours singuliers.
Des femmes avec des réalités familiales, professionnelles et personnelles très variées.
Certaines arrivent avec un projet très clair. D’autres arrivent avec une intuition, une envie, un appel intérieur qui demande à prendre forme dans leur vie. Certaines souhaitent construire une entreprise solide et ambitieuse. D’autres souhaitent créer une activité qui leur permet d’exprimer un talent ou de partager un savoir-faire.
Au fil de ces années d’accompagnement, une évidence s’est dessinée : derrière chaque projet entrepreneurial porté par une femme, il existe toujours une histoire de vie.
Un moment particulier dans un parcours.
Une évolution personnelle.
Une transformation intérieure.
Une situation familiale qui influence les choix professionnels.
Pour beaucoup de femmes, créer une entreprise représente bien plus qu’un projet économique. L’entreprise devient un espace d’expression de soi, un espace dans lequel une femme peut mettre au monde quelque chose qui lui ressemble, quelque chose qui a du sens pour elle et qui vient contribuer au monde d’une manière qui lui paraît juste.
Ces dernières semaines, plusieurs échanges avec des femmes actuellement en formation avec moi ont remis ce sujet au centre de nos discussions. Leurs questions, leurs réflexions, leurs doutes parfois, leurs élans aussi, m’ont donné envie de poser les mots et de partager une réflexion plus large autour de ce que signifie réellement entreprendre au féminin aujourd’hui.... Et c'est venue pour moi chatouiiler une fondation essentielle de la cheffe d'entreprise que je suis : la danse entre liberté et discipline !
Parce que lorsque l’on regarde la réalité du terrain, lorsque l’on écoute les histoires de celles qui créent leur activité, on découvre rapidement que l’entrepreneuriat ne suit jamais un seul modèle.
Chaque entreprise se construit dans un contexte de vie particulier.
Chaque femme arrive avec ses motivations, ses priorités, ses contraintes et sa vision.
Et c’est précisément cette diversité qui mérite d’être regardée avec lucidité et avec respect.
Et c’est précisément à cet endroit que commence, à mon sens, la véritable particularité de entreprendre au féminin.
Lorsqu’on regarde les femmes qui entreprennent, on découvre très vite qu’elles ne le font pas toutes pour les mêmes raisons.
Par exemple certaines femmes créent leur entreprise à un moment de leur vie où leurs enfants ont grandi et où elles ressentent le besoin de se créer un espace à elles. Pendant des années, leur énergie a été consacrée à la famille, à l’organisation du foyer, à la gestion du quotidien. Puis un jour, un espace s’ouvre, et avec lui l’envie de construire quelque chose qui leur appartienne.
Pour ces femmes, l’entreprise devient un terrain d’expression personnelle. Un endroit où elles peuvent mettre leur créativité, leurs compétences, leur sensibilité et leur vision au service d’un projet qui leur ressemble.
D’autres femmes entreprennent parce qu’elles portent une passion. Une passion qui, à un moment donné, devient trop grande pour rester simplement un loisir. Elles ressentent l’élan de partager ce qu’elles savent faire, de transmettre leur savoir-faire, de transformer ce qui les fait vibrer en activité professionnelle.
Dans ces cas-là, l’entreprise naît souvent d’un élan du cœur.
Et puis il existe aussi des situations dans lesquelles entreprendre s’inscrit dans un équilibre familial particulier. Certaines femmes créent une activité parce que le foyer bénéficie déjà d’une certaine sécurité financière grâce au revenu du conjoint. L’entreprise devient alors un espace d’épanouissement personnel, une manière d’apporter un complément de revenu, de participer à la dynamique financière du foyer tout en conservant une organisation de vie souple et adaptée à la famille.
Et puis il y a les femmes pour qui entreprendre n’est pas simplement un choix, mais une nécessité.
Les femmes, par exemple, qui élèvent seules leurs enfants, et pour qui l’entreprise devient une manière de reprendre la main sur leur organisation de vie. Une manière de pouvoir ajuster leurs horaires, organiser leur travail autour de la réalité du quotidien et construire une sécurité financière pour leur famille. Tu peux d'ailleurs retrouver le témoignage de Johanna maman solo et entrepreneure ici .
Dans ces situations-là, l’entreprise porte une responsabilité immense.
Pour ma part, j’ai choisi d’être cheffe d’entreprise parce que entreprendre correspond profondément à ma définition du travail. Même en étant mariée et amoureuse d’un homme, mon indépendance financière occupe une place importante dans mon équilibre, et nos choix de vie s’appuient sur la sécurité que représentent deux revenus dans un foyer.
Il y a aussi une dimension essentielle pour moi : mon travail doit être un véritable plaisir. J’ai toujours eu la conviction que l’on passe trop de temps à travailler dans une vie pour le vivre comme une contrainte ou une simple obligation. J’ai besoin que ce que je fais me fasse vibrer, que cela ait du sens, que cela me ressemble.
Dans ce que je suis et dans ce que je fais, l’entrepreneuriat est devenu naturellement mon espace d’épanouissement, mon mode de fonctionnement professionnel et, au fond, mon modèle de vie.
Et toutes ces réalités et d'autres encore coexistent.
Aucune n’est supérieure à une autre. Aucune n’est plus noble ou plus ambitieuse. Elles sont simplement différentes.
Et c’est précisément pour cela que entreprendre au féminin demande une chose essentielle : de l’honnêteté.

Au fil des années, j’ai vu beaucoup de femmes se mettre une pression énorme sur les épaules parce qu’elles avaient l’impression que leur entreprise devait ressembler à un certain modèle.
Un modèle qui parle de croissance rapide.
Un modèle qui parle de chiffres impressionnants.
Un modèle qui parle d’ambition entrepreneuriale au sens classique du terme.
Or la première question qu’une femme devrait se poser lorsqu’elle crée son entreprise est une question beaucoup plus simple et beaucoup plus profonde.
Car une femme qui crée une entreprise pour générer un complément de revenu dans un foyer déjà stable n’aura pas les mêmes attentes qu’une femme qui élève seule ses enfants et qui doit construire une véritable sécurité financière.
Une femme qui entreprend pour partager une passion n’aura pas les mêmes objectifs qu’une femme qui porte une vision entrepreneuriale avec une ambition économique forte.
Dans ces différents cas de figure, les attentes, les objectifs et les exigences ne peuvent pas être les mêmes. Et il n’y a rien de problématique dans cela. La seule chose qui compte réellement, c’est la clarté.
Une fois cette clarté posée, une autre question apparaît.
Je le dis souvent en formation mon entreprise est au service de ma vie et non l'inverse ... Mais justement pour qu'elle fasse son rôle ... Selon moi, la réponse se trouve dans un équilibre subtil entre deux forces qui peuvent sembler opposées : la discipline et la liberté.
La liberté est souvent la raison pour laquelle beaucoup de femmes entreprennent.
La liberté de choisir leurs projets.
La liberté d’organiser leur emploi du temps.
La liberté de construire une activité qui respecte leurs valeurs.
Mais cette liberté, si elle n’est pas soutenue par une structure solide, peut très vite se transformer en chaos ...ou en vide !
Et c’est là que la discipline entre en jeu.
Dans l’imaginaire collectif, la discipline est souvent associée à quelque chose de rigide, de strict, presque militaire. Pour moi, la discipline est tout autre chose.
La discipline est un acte de respect envers moi même et mes rêves. C’est la capacité à créer un cadre dans lequel le projet peut réellement exister et se développer.
Lorsqu’on est à son compte, personne ne vient vérifier nos horaires. Personne ne nous impose de planning. Personne ne nous oblige à avancer sur nos projets.
La discipline devient donc une décision intérieure. Elle se manifeste dans la manière dont on organise son temps, dans la régularité avec laquelle on communique sur son activité, dans l’attention que l’on porte au développement de son entreprise.
Sans discipline, l’entreprise reste souvent à l’état d’idée. Avec discipline, elle devient une réalité.
Si la discipline représente la structure, la liberté représente le souffle.
La liberté est ce qui permet à une femme entrepreneure de construire une activité qui respecte sa vie, son rythme et ses valeurs. C’est la liberté d’inventer de nouvelles manières de travailler. La liberté de créer des modèles professionnels différents. La liberté d’adapter son activité aux saisons de sa vie.
Une femme qui élève de jeunes enfants n’entreprendra pas de la même manière qu’une femme dont les enfants sont adultes. Une femme qui démarre son activité n’aura pas la même organisation qu’une entrepreneure installée depuis plusieurs années.
Entreprendre au féminin demande d’accepter cette évolution permanente.

Lorsque je parle de discipline et de liberté dans l’entrepreneuriat, je ne parle pas d’une théorie sortie d’un livre de développement personnel. Je parle de quelque chose que j’ai construit, testé, ajusté et réajusté pendant des années dans ma propre vie. Parce que lorsque l’on entreprend depuis chez soi, lorsque l’on est mère, lorsque l’on porte une famille, lorsque l’on doit faire vivre une entreprise dans un environnement qui est aussi un lieu de vie, ces notions prennent une dimension très concrète.
Je travaille depuis toujours à domicile. Depuis 2008, mon entreprise est hébergé à la maison. À l’époque de mon premier métier, je faisais mes rendez-vous chez les clients mais mon bureau lui était dans une pièce de la maison. Aujourd’hui, je reçois également dans un espace aménagé chez moi dans mon jardin indépendant du reste de la maison. Mais mon bureau fait partie de la maison, le matin pour allé au bureau j'ai 10m à faire ... Cela signifie que très tôt, j’ai compris que si je ne posais pas un cadre très clair, mon entreprise risquait de disparaître dans le chaos du quotidien.
Lorsque mes trois enfants étaient encore scolarisés, l’organisation de mes journées était très différente de celle d’aujourd’hui. À cette époque-là, ils étaient à l’école primaire et au collège, et mon mari travaillait déjà avec des horaires fixes dans le bâtiment. Il partait tôt le matin et rentrait parfois tard le soir. Naturellement, une grande partie de la logistique familiale reposait donc sur moi : emmener les enfants à l’école, gérer les activités, organiser la maison.
Dans ce contexte, j’aurais pu me dire que puisque mon entreprise se trouvait à la maison, je pouvais travailler un peu quand j’avais le temps, entre deux machines à laver, entre deux tâches du quotidien ( ceux qui me connaissent, savent que c'est pas possible ça lol ). Beaucoup de femmes entrepreneures tombent dans ce piège sans même s’en rendre compte.
J’ai fait un choix différent.
Je suis partie du principe que si mon mari quittait la maison pour aller travailler au bureau, alors moi aussi j’allais au travail, même si mon bureau se trouvait à la maison. Concrètement, cela signifiait que ma journée de travail commençait au moment où je déposais les enfants à l’école. Je rentrais ensuite chez moi, j’entrais dans mon bureau, et ma journée professionnelle commençait.
À cette époque-là, mes horaires de bureau étaient de 9h à 16h et mes rdv clients étaient certains soir après 18h pour que mon mari prennent le relais.
Ces horaires n’étaient pas choisis au hasard. Ils étaient construits autour de la réalité de ma vie de mère. Ils me permettaient d’être présente pour les enfants avant l’école et après l’école, tout en ayant une vraie journée de travail.
Mais la discipline ne résidait pas seulement dans le fait d’avoir des horaires. La discipline se trouvait dans le fait de respecter ces horaires comme s’il s’agissait d’un emploi extérieur.
Si je rentrais de l’école après 8h30 et que le lave-vaisselle n’avait pas été vidé, je ne le faisais pas. Si une machine à laver devait être étendue, je ne la faisais pas. Si le petit-déjeuner était resté sur la table, il restait sur la table.
Non pas parce que je ne voulais pas le faire, mais parce que de 9h à 16h, j’étais au travail. Et si j’avais travaillé dans un bureau à l’extérieur de la maison, je n’aurais pas pu rentrer chez moi pour étendre le linge ou vider le lave-vaisselle. Et cette discipline était autant la mienne qu'une règle imposer et non négociable auprès de ceux qui partagent ma maison.
Cette règle simple m’a permis de poser une frontière très claire entre la maison et l’entreprise. Lorsque j’étais dans mon bureau, j’étais une cheffe d’entreprise.
Et cette discipline passait aussi par les règles que je posais avec mes enfants. Ils savaient que lorsque la porte du bureau était fermée, cela signifiait que je travaillais. Ils savaient qu’ils ne pouvaient pas entrer toutes les cinq minutes pour poser une question. Ils savaient que lorsqu’une cliente était en rendez-vous, ils ne pouvaient pas faire irruption dans la pièce.
Cela peut sembler évident dit comme cela, mais dans la réalité de nombreuses femmes qui travaillent de chez elles, ces frontières n’existent pas. Et lorsque ces frontières disparaissent, l’entreprise se retrouve constamment interrompue par la vie quotidienne.
La discipline consiste donc à protéger l’espace de travail. Mais la discipline ne va pas seulement dans un sens.
Lorsque l’on travaille à la maison, le piège inverse existe également. Puisque l’ordinateur est à portée de main, il devient très facile de travailler tout le temps. Le soir, après le dîner, lorsque la maison est calme, il devient tentant d’ouvrir son ordinateur. Le week-end, entre deux activités familiales, il devient tentant de répondre à quelques mails.
C’est là que la discipline joue également un rôle de protection pour la vie personnelle.
Parce que si j’avais posé des horaires de travail de 9h à 16h, ces horaires devaient être respectés dans les deux sens.
À 16h, je sortais du bureau. Et à partir de ce moment-là, je redevenais pleinement disponible pour mes enfants et pour ma famille.. Et ça personnellement ça été une sacré discipline à m'imposer bien plus que celle de pas vider le lave vaisselle lol !!!!
Avec les années, ma vie a évolué. Mes enfants ont grandi. Aujourd’hui, deux d’entre eux sont adultes et ont leur propre vie. Il ne reste plus qu’un enfant à la maison, qui est au lycée. Naturellement, l’organisation de mon entreprise s’est transformée avec cette nouvelle réalité.
Je ne travaille plus avec les mêmes horaires qu’à l’époque où les enfants étaient petits. Mes journées sont plus larges, mes rendez-vous peuvent s’étaler sur une plus grande amplitude, et mon agenda est beaucoup plus souple.
C’est là que la notion de liberté prend tout son sens.
Aujourd’hui, ma liberté se manifeste par exemple dans ma capacité à adapter mon emploi du temps lorsque la vie familiale en a besoin. Ma maman traverse des problèmes de santé importants, et il arrive que certaines situations demandent ma présence, mon soutien ou simplement du temps pour accompagner ce qui se vit dans la famille.
Dans ces moments-là, j’ai la possibilité de déplacer des rendez-vous, de décaler certaines séances, de réorganiser mon agenda pour libérer du temps.
Cette liberté est précieuse... Et merci à toutes mes clientes de partager les mêmes valeurs que moi qui permet un grand respect et compréhension.
Mais elle n’existe que parce qu’elle repose sur une discipline solide.
Lorsque je déplace un rendez-vous ou que je prends du temps pour la famille, je sais que je vais rattraper ce temps ailleurs. Je vais peut-être travailler plus tard dans la semaine. Je vais peut-être ajouter un créneau de travail. Je vais peut-être réorganiser certaines tâches.
La liberté ne signifie pas l’absence de cadre. Elle signifie la capacité à faire évoluer ce cadre lorsque la vie le demande.

Dans mon organisation actuelle, il existe par exemple une demi-journée par semaine qui est entièrement consacrée à la gestion de mon entreprise. Cette demi-journée est réservée à tout ce qui ne se voit pas de l’extérieur : l’administration, la comptabilité, la gestion de mes projets, la réflexion stratégique, la création de contenu, l’écriture, la communication.
Cette demi-journée est inscrite dans mon agenda comme un rendez-vous.
Elle n’est pas négociable. C’est l’espace dans lequel je prends soin de mon entreprise.
Et à l’intérieur de ce cadre, ma liberté peut s’exprimer.
Certaines semaines, je vais consacrer ce temps à écrire un article de blog ou à développer une idée qui me tient à cœur. D’autres semaines, je vais me concentrer sur la gestion administrative ou la préparation de futurs projets. Parfois, je vais décider de travailler sur ma communication. Parfois, je vais simplement réfléchir, écrire, prendre du recul.
La discipline pose le cadre. La liberté circule à l’intérieur.
Au fond, entreprendre ressemble souvent à une danse permanente entre ces deux forces.
La discipline permet à l’entreprise d’exister. Elle crée la structure, les repères, la régularité dont une activité a besoin pour se développer et durer dans le temps.
La liberté permet à l’entreprise de rester vivante. Elle offre l’espace nécessaire pour s’adapter aux imprévus, aux évolutions de la vie, aux élans créatifs et aux réalités humaines.
Entreprendre au féminin demande souvent de naviguer constamment entre ces deux dimensions.
Parce que la vie ne suit jamais un planning parfait. Parce que les enfants grandissent, les situations évoluent, les priorités changent.
Et dans ce mouvement permanent, la discipline et la liberté cessent d’être opposées. Elles deviennent deux alliées qui permettent à une entreprise de rester profondément vivante tout en restant solidement ancrée dans la réalité.
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