J’écris ces mots alors que ma voix est aphone… non, ma voix est en mue. Alors, pour poser les mots sur ce qui est en moi et que j’aimerais chanter fort, je les pose comme une mélodie sur ce blog.
Ce texte s’écrit depuis un chemin d’intégration personnelle, celui que je traverse quand la voix se tait pour laisser émerger la voie, quand le corps, le cœur et l’âme se réalignent après une expérience qui bouleverse...
Ce week-end, j’ai vécu une retraite un peu différente, car c’est une retraite que j’ai initiée en fin d’année. Une envie de vivre un espace dans lequel je serais simplement participante, dans lequel je pourrais vivre ce que je propose dans mes espaces à vivre aux autres. Je guide et j’accompagne d’autres humains dans des espaces de transformation, et ce week-end, j’ai choisi d’être de l’autre côté : celle qui traverse.
Pour cela, j’ai proposé à une quinzaine de femmes que je connais beaucoup ou un peu, mais en qui j’ai pleinement confiance, de créer ce week-end toutes ensemble. J’ai demandé à celles qui le voulaient de créer un atelier de deux heures (loooool), avec comme fil rouge : « ce que tu as à offrir de toi aux autres ». Elles ont choisi chacune un créneau sur le week-end. Beaucoup ne se connaissaient pas entre elles… et pourtant… chaque atelier a été à sa juste place pour le chemin que nous devions prendre au cours de ces trois jours.

Et donc je reviens à moi, maintenant que je t’ai posé le contexte. Le “hasard” a fait que les dates de ce week-end se sont posées deux semaines après mon retour de la retraite HUMAN en Tanzanie. En ce lundi matin 2 mars, je peux dire que cette retraite participative fait partie de mon chemin d’intégration personnelle, de ce que j’ai vécu en Tanzanie.
Je crois que chaque chose est liée à toute chose. Je crois que chaque événement est en lien avec tous les autres événements.
Le lien, encore et toujours le lien.
Le lien, c’est ce que je suis.
Je suis celle qui tisse, qui crée, qui entretient, qui nourrit. Le lien, c’est ce que je suis et ce que je porte.
Je suis arrivée à ce week-end avec la peur de ma propre lumière, le doute de ce que je suis et de ce que je fais. Je suis arrivée en ne me reconnaissant que dans mes ombres. Et chacun des ateliers que j’ai vécus ce week-end m’a permis de remettre un peu plus de foi et de certitude.
Alors clairement, ça n’a pas été confortable, et ça a été beau.
Dans cet espace de confiance et de sécurité, j’ai plongé dans des traumas, dans mes grandes peurs… celles et ceux qui m’ont figée dans mes incertitudes et mes doutes.
J’en ai perdu ma voix, car ma voie était étouffée depuis des mois, des années, dans la peur de croire fort, la peur de parler fort, la peur de voir grand, la peur d’entendre loin.
J’avais perdu ma voie dans la croyance que si je réduisais ma lumière, j’allais pouvoir protéger ceux que j’aime de conséquences que je croyais être les ombres de ma lumière.
J’étais encore et toujours dans cette croyance que je pouvais contrôler, même ce qui ne dépend en rien de moi.
J’étais encore et toujours dans mon hyper-responsabilité : croire que si je faisais ceci ou cela, je pouvais influer en bien sur ce qui arrive à ceux que j’aime.
Que je suis responsable, qu’à trop voir grand et loin, à dire trop haut et fort, à croire avec certitude et foi, je le payais… et surtout, qu’ils le payaient, eux, dans des conséquences.
Alors j’ai étouffé pour espérer réduire les conséquences.
Et oui, quand on croit une histoire, tout autour vient nous confirmer que cette histoire est la bonne.
Alors j’ai vu des confirmations.
Quand je parle fort, on me hurle de fermer ma gueule.
Quand j’ose loin, on me hurle que je suis dangereuse.
Quand je crois loin, on me dit que je suis une menteuse.
Quand j’aime et protège, on me dit que je suis la mauvaise personne.
Ce week-end, j’ai hurlé ma peur.
J’ai chanté ma joie.
J’ai embrassé ma douceur.
OK, là, je ne parle pas là tout de suite, mais c’est OK, car ma voix mue… pour que ma voix soit ma voie.
Ce week-end, j’ai dansé dans mes ombres et mes lumières.
Et j’ai enfin compris que, quelles que soient les tempêtes, je ne serai jamais seule, autour de moi et aussi en moi.
J’ai entendu les vibrations de ce que je suis et de qui je suis.
Et que, comme je suis cette femme de lien, cette femme mère dans toutes ses cellules, celle qui aime au-delà des ombres des autres, j’offre des lunettes de soleil à ceux qui sont éblouis par tant de lumière.
Parce que, mes sœurs, je le dis haut et fort : nous sommes toutes les trois des lumières, chacune différente et toutes importantes.
Ce week-end, j’ai mis en conscience dans mon corps que, même si je sais reconnaître et écouter mes colères et mes tristesses, j’étais dans le déni de mes peurs.
Et ouais, faut être forte, alors laisser la peur être reconnue, ce n’est pas simple.
Et pourtant, j’avais figé une partie de moi dans une peur qui s’est bien installée et qui aspirait toutes les autres.
Alors, comme tout est lien, merci à toi de m’avoir mis dans la gueule la grande peur que je ne voyais pas, celle où j’ai aussi mis ce qui est une peur : le déni.
La peur de perdre.
La peur de perdre le lien.
La peur de perdre, avec la mort, ceux que j’aime.
La peur que la vie me prenne.
La peur qui pourtant était bien en conscience quelque part, car j’ai depuis toujours en moi cette urgence de vivre et cette urgence d’aimer qui définit mon intensité, que j’aime tant.
Et pourtant, je n’avais pas reconnu à quel point le poids de ces peurs étouffait mon souffle et mon élan de vie, mon oser l’action (ouais, encore plus, c’est possible… Marjo, ça mijote… sois bientôt prête).

Ce week-end, j’ai fait un chemin.....
J’ai vu ce qui me figeait, ce qui s’entassait et mettait un voile sur ce que j’incarne. J’ai vu ce qui me fait tanguer et ce qui m’ébranle, ce qui me fait perdre le discernement de qui je suis.
Et j’ai vu où je dois être et ce que je dois faire pour acter ce pacte de moi à moi, dans l’incarnation de ma foi et de ma certitude.
J’ai remis de la fluidité dans ce qui étouffe ma voie et ma liberté à être au-delà de ce qui a été transmis par elles, et tout cela dans l’amour et la douceur… parce que c’est ce que je suis. Je me suis libérée de l'injonction familiale transmise qui m'étouffe de culpabilité et de responsabilité.
Car justement, je suis aimée et reconnue pour ce que je suis déjà. J’ai aussi intégré que l’important n’est pas de chercher à contrôler l’imprévisible, mais de se rappeler qu’il y a toujours quelqu’un pour nous soutenir et le vivre à nos côtés… et qu’ensemble, ça se vit.

Et j’ai vécu tout ce week-end en le partageant avec mon amie d’amour... ce qui ancre tout cela encore plus fort et plus intensément dans mon chemin d'intégration personnelle.
Le lien… tout est lien, je vous disais.
C’est ce que je suis et ce que je crois. Tout se tisse et se détisse, tout se crée, se transforme.
Le chaos et la joie sont liens. Ce qui se passe loin de moi et en nous est lien. Ce que je suis hier et ce que je serai demain est lien. Ce que je fais dans mon travail et dans ma vie perso est lien.
Ce que je vis avec toi ou avec eux est lien. Le lien, c’est ce que je suis et ce que je crois.
Je vous aime et merci <3
L’intégration n’est pas un moment. Ce n’est pas un déclic spectaculaire, ni une fin en soi. C’est un processus vivant, lent parfois, inconfortable souvent, qui demande du temps, de la présence et beaucoup de vérité. L’intégration, c’est laisser ce qui a été vécu descendre dans le corps, s’ancrer dans les cellules, transformer les choix, les élans, la manière d’aimer, de parler, d’agir. Ce chemin d’intégration personnelle ne se termine pas à la fin d’une expérience, il commence souvent là où l’expérience s’arrête....
Ce que j’ai vécu ce week-end fait partie de mon chemin d’intégration personnelle, celui où je cesse de me réduire, où j’honore mes peurs, mes ombres et ma lumière, pour incarner pleinement qui je suis... Tout ça pour te dire .. si tu es arrivée jusqu'ici que dans les prochains jours, je vais annoncer HUMAN 2027 <3
Et je fini cet article en essayant de parler ... Et je parle ( doucement mais je parle ! )