Vie de parents : Burn-out

La vie de parents est faite de désillusion... Comme s'il fallait faire croire qu'être parents c'est un grand kiff et surtout, ne pas parler de tous les inconvénients et toutes les expériences moches que l'on vit quand on est parents, pour permettre la survie de notre espèce !!!

Si être mère est la plus belle expérience de ma vie c'est aussi la plus difficile physiquement et moralement... Et malgré toutes les injonctions culturelles et sociales que l'on nous met dans la tête depuis gamine sur le "être mère" qui entrainent des croyances limitantes avec parfois de grandes souffrances, jusqu'à la dépression post-partum ou le burn-out parental, j'ai envie de HURLER à tous les parents : Vous avez le droit de penser, ressentir et de dire que vous en avez marre, que vous n'en pouvez plus et que c'est franchement méga dur !!!


Fausses croyances parentales


  • " Ma valeur de mère dépend du comportement sage, obéissant "parfait" de mon enfant" Je commence par celle qui m'agace le plus ! Mon rôle de mère n'est pas d'élever des enfants à se soumettre à l'autorité et aux règles des adultes, mes enfants ne sont pas un reflet social de ma valeur... J'élève de futurs adultes à être qui ils veulent être, libres, conscients... Comme j'aime le dire quand on me parle de politesse, je n'oblige pas mes enfants à dire bonjour, je leur apprends à être sincère, pas à être poli pour faire joli !


  • "Je suis une bonne mère si je suis toujours heureuse de passer du temps avec mes enfants, que je sacrifie ma vie pour eux... " J'adore passer un week-end en famille, jouer avec eux, les écouter parler de leur histoire d'ados, partir faire du vélo avec Joan... Et j'adore tout autant passer une semaine seule avec mon amoureux, sortir avec mes copines et parler librement de tout, me caler seule avec un livre... Beaucoup de choix dans ma vie on été influencés par le fait que je sois mère mais avec ma propre définition de ce que cela veut dire pour moi et non par celle que la société, la famille ou ma culture en donne.


  • " C'est par la maternité qu'une femme s'accomplirait, s'épanouirait, et serait forcément heureuse…" Alors celle-ci, j'aimerais bien la brûler sur la place publique rien que pour le mal qu'elle fait à toutes les femmes qui ne peuvent ou ne veulent pas d'enfant !!! Avant d'être mère, nous sommes femmes, même quand on est mère on est femme, même quand nos enfants sont grands on est femme... On n'est pas mère et femme en dissocié !!! On a chacune notre propre façon de vivre la maternité, notre rôle de mère... Parfois j'ai été très mère louve et parfois j'ai été une mère business-woman, et tout est ok !!! Ce qui est le plus important c'est de devenir et d'être mère par choix et non par injonction sociale (et amusez-vous à demander autour de vous pourquoi les femmes sont devenues mère, beaucoup vous répondront que c'est parce que c'est comme ça !!!)


La liste des croyances limitantes sur la parentalité est harchi longue... Et d'ailleurs je veux bien qu'en commentaire tu me partage celle que tu as entendu, qui te dérange, te limite...



La dépression post-partum


Touche 20% des femmes dans la 1ère année de vie de leur bébé !!!

Il est important de différencier la dépression post-partum du baby blues.

Le baby blues touche 80% des femmes, il dure en moyenne 2 semaines, il apparait généralement en même temps que la montée de lait car il est souvent dû à la fatigue post-accouchement, les changements hormonaux et l'adaptation à la nouvelle vie... Même si le baby-blues est un processus normal il n'est pour autant pas agréable à vivre... Avec de l'aide, du soutien, de l'écoute, une bonne alimentation, la présence du conjoint et des personnes ressources... en quelques jours le baby-blues va disparaitre...

Contrairement à une dépression post-partum, qui ne passera pas simplement avec un bon diner et un câlin de l'amoureux(se)...


Je pose cela par là, même si c'est pas le sujet (on y reviendra), le vécu difficile de l'accouchement a un impact sur le risque de dépression en post-partum.

Les signes de cette dépression sont l'épuisement, l'anxiété, l'insomnie ou au contraire l'hypersomnie, une grande tristesse et culpabilité, une difficulté à créer le lien d'attachement, isolement, colère....



Le Burn-out parental


C'est un épuisement physique et mental... Il y en a trop à faire, à penser, à gérer !!!

On y retrouve aussi une perte de plaisir à être parent, on peut même parfois aller jusqu'à la saturation. Le désir de ne plus être parent... On rêverait d'un service après-vente pour aller rendre l'enfant " j'en veux plus merci je vous le rend !!!"

Le parent prend de la distance avec son enfant, moins de moments partagés, moins de tendresse... plus il est loin et "mieux" ça va !

C'est souvent des parents qui ont la culpabilité d'être des mauvais parents à cause de ce qu'ils ressentent envers leurs enfants alors que le burn-out est bien souvent dû au fait qu'ils s'imposent une perfection sur eux et sur leurs enfants...


Le point commun entre ces deux maladies c'est le point des croyances culturelles et sociales sur la parentalité... Et même sans aller jusqu'à la dépression ou le burn-out...

Combien sommes-nous de mères à avoir envie parfois de simplement tout laisser en plan et se barrer loin ?

Combien sommes-nous à s'enfermer dans la salle de bain pour pleurer à bout de nerfs face à un enfant qui fait une colère que l'on ne comprend pas ou qu'on arrive plus à calmer...???

Combien sommes nous à se dire parfois, je ne devrais pas être mère, je n'aime pas ça, je ne sais pas faire, je suis une mauvaise mère ?

Combien sommes-nous à arriver à en parler sans la peur du jugement ?

Combien sommes-nous à ne pas juger une mère qui partage tout cela ???


Cet article, je l'écris pour cette maman qui est venue me confier toute sa détresse et aussi pour toutes celles qui n'osent pas demander de l'aide...

Alors à toi qui passe par là... Je vais t'avouer deux trois réalités sur ma vie de mère...


Quand Antho avait 1an et quelques mois, après des semaines de terreurs nocturnes, j'ai appelé ma mère en lui disant : " je viens chez toi, tu gères Antho sinon je vais l'éclater si je dors pas !!!"


Quand Antho et Lilou avaient entre 6 et 12 ans, que j'avais pourtant le soutien de mon amoureux, qui a toujours dit qu'il avait 3 enfants ( et non un seul de sang ! ), mes enfants que j'aime inconditionnellement et qui sont mon moteur, j'ai eu parfois la pensée, l'envie, la rage de me dire : " Pourquoi je dois porter tout cela toute seule alors que leur père est tranquille chez lui sans s'inquiéter et se préoccuper de ses enfants ??"

J'avais un terrible sentiment d'injustice de devoir gérer les difficultés de la parentalité, m'en prendre les jugements et les reproches... Alors oui, plusieurs fois j'ai eu l'envie de les mettre dans ma voiture et les déposer devant la porte de chez leur père et partir !!!


Quand Joan était tout petit et encore allaité, parfois la nuit il avait tellement faim que je n'arrivais pas à le mettre au sein. Plus il hurlait, plus j'avais mal au sein, plus mon sein était dur, plus il pleurait de ne pas arriver à le prendre... Alors dans ces cas là, je réveillais mon amoureux, lui donnait son fils et le laisser se demmerder et aller me coucher en pleurs !!! Jusqu'à ce qu'on trouve la solution de tirer mon lait avant de dormir pour qu'il lui donne le bib la nuit dans le calme et la sérénité...


L'année dernière, suite à un cumul d'évènements moches que mes grands ont vécus, j'ai passé une nuit par terre dans ma cuisine en pleurs à ne plus savoir quoi faire, comment faire, à me sentir la pire mère au monde et même me dire que mes enfants seraient mieux sans cette mère là...


Des évènements comme cela, je peux t'en faire une liste très grande sur mes 20 ans de maternité...


Être mère ce n'est pas être TOUT le temps dans l'amour inconditionnel, la patience, le sacrifice de soi, la bienveillance, l'éducation positive...



Avant d'être mère, je suis une humaine, remplie de toutes mes ambivalences, de mes contradictions, mes humeurs, mes besoins, mes émotions...

J'aime mes enfants, ils sont le moteur de ma vie, mon pourquoi... être mère a conditionné ma vie depuis mes 20 ans et comme dans toutes les parties de moi, comme dans tous les domaines de ma vie, j'accepte tout autant la lumière que mon ombre dans la mère que je suis !


Lorsqu'être mère devient lourd, difficile, douloureux, qu'il est plus synonyme de souffrance que de bonheur...

Demande de l'aide !!!


Voici les pistes que je te conseille...


Si tu as autour de toi une femme qui souffre de son statut de mère, accueille-là avec bienveillance, sans jugement. Elle te fait le cadea